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En juin 2007, lors d’un
conseil d’administration de l’association, l’idée fut émise
par un érudit nîmois de faire savoir à ses concitoyens, à la
France, au monde entier, que tout romaine qu’elle aime à être,
notre cité porte les traces d’une présence et d’une influence
égyptiennes. Pour preuve, l’actuel logo nîmois, lointain
héritier d’un As de Nîmes qui a déjà fait couler beaucoup
d’encre et user tant de calames : le crocodile attaché –
enchainé ? – à une palme.
Une visite au Conservateur
du Musée de Nîmes fut rapidement organisée, à qui fut exposée
notre idée d’une journée de conférences sur ce sujet, qu’elle
pourrait compléter d’une exposition. L’idée fut retenue et
quelques éléments purent être ajoutés à ce qui, dès lors
devenait un projet. L’égyptologue aux attaches nîmoises,
Sydney Aufrère, fut contacté, un groupe de travail rapidement
constitué – et appelé à s’étoffer - qui déterminera les
contours précis de ce qui s’annonce comme un point d’orgue
culturel pour la Ville de Nîmes en 2011.
Dès cette étape, le projet
comporte, dans l’idée de l’Association, un jumelage entre
Nîmes et Assouan, ville moderne dont dépend administrativement
l’Ile où se dresse aujourd’hui le temple de Philae, temple
d’Isis par excellence.
Le 22 novembre dernier,
cette « Féria-Sed » connut son début d’existence. Dans le
bureau de Dominique Darde, et en présence de Sydney Aufrère,
l’intensité des échanges au cours de cette séance de
maïeutique obligea à une prise de notes fébrile les
représentants de l’Association, et le résultat se traduisit
par un synopsis du dialogue de nos deux savants, émaillé des
quelques remarques de nos trois représentants. Le synopsis
fut bientôt complété d’un relevé de décisions permettant d’un
simple coup d’œil de savoir qui d’ici la prochaine réunion
allait faire quoi. Reste à la fixer. Ce qui sera fait à
l’issue de la journée tant attendue du 19 janvier.
Dans son livre
« l’Odyssée d’Aigyptos », Sydney Aufrère recherchant pour les
analyser les traces égyptiennes dans les littératures
contemporaines et postérieures, examine les images que se sont
fait de l’Égypte les auteurs qui y sont venus en visite, ou
ceux qui avaient un intérêt quelconque à l’évoquer.
Au nombre de
ceux-ci, les auteurs romains ont, en général, montré beaucoup
d’animadversion à l’égard du pays de Cléopâtre, ce que – et je
cite ici l’auteur du livre –
« Jean Claude Grenier a résumé en des mots choisis
cette agonie d’une Égypte incarnée par la dernière des
souverains lagides : « la
République romaine vit dans l’Égypte une proie qui lui
semblait offerte mais qui lui échappa tout en troublant son
équilibre, puis un poison qui risqua de
dénaturer ses idéaux politiques, enfin, pour finir, une
malédiction lorsqu’elle amena Rome à retourner contre
elle-même ses propres armes. Pour parvenir à conquérir
l’Égypte, la République dut vaincre ces trois périls. Cela
justifia sans doute la condition rigoureuse et exemplaire à
laquelle, par peur de la voir renaître, fut soumise l’Égypte
vaincue et suffit à expliquer la fascination morbide, faite
d’attirance et de répulsion, qu’elle exerça toujours sur
Rome ».
Et l’auteur de
conclure :
« l’Égypte est un foyer où sédimentent tous les vices,
subsumés, lorsque son destin se fige, par la dernière des
lagides. De siècle en siècle, une image glacée du passé se
dessine dans le monde des poètes qui s’inspirent de la légende
noire brodée par les Latins, …..Oubliée la politique, évanouie
l’intelligence, disparue la polyglossie, il n’en demeure
jamais plus que le vice.
Ainsi, de
l’indifférence romaine, on glissa sensiblement vers la
défiance puis, son trophée élevé, au dédain librement affiché
pour un peuple vaincu, continuant à exporter, malgré ses
déboires, ses croyances et sa magie sur toutes les rives de la
Méditerranée.. ».
Quelle plus belle et alléchante invite à découvrir ce qu’il en
a été, et en est, de ces images dans une Nîmes romaine
jusqu’en ses jeux, et érigée par Auguste et ses successeurs en
ville de promotion de la romanité en Gaule, et pour cela
remerciée par divers privilèges…. Qui nous ramèneront vers
l’Égypte.
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Extrait :
QUELQUES SURVIVANCES DE L'ÉGYPTE ANCIENNE EN PROVENCE
GALLO-ROMAINE *
§ 342. Il ne s'écoule pas une année sans que le sol de
l'ancienne Gaule ne restitue quelque objet - bien souvent
méconnaissable - évoquant de près ou de loin l'Egypte,
quand il ne s'agit pas d'autels ou d'inscriptions
attestant, de façon indubitable, la faveur que connurent,
à l'époque gallo-romaine, les cultes isiaques dans nos
régions. La Provence, à ce titre, apparaît comme une
région privilégiée. De par sa position géographique, elle
resta constamment ouverte aux influences extérieures
véhiculées par le commerce maritime. Terre d'accueil, zone
de passage, la région du bas-Rhône s'est trouvée imprégnée
de culture méditerranéenne, spécialement alexandrine, via
les principaux ports - Marseille puis Arles - qui jouèrent
le rôle de relais. Comme tous les ports de Méditerranée
occidentale, ces villes constituèrent des foyers de cultes
orientaux qui diffusèrent leurs influences dans les
vallées du Rhône et de ses affluents. En marge, Nîmes,
longtemps attachée au paganisme, entretenait des liens
avec l'Egypte pour des raisons qui demeurent encore
obscures. Témoin d'une grande hétérogénéité de cultes et
de vagues de syncrétisme religieux, ayant absorbé les
principales croyances orientales, la Provence, certaines
résurgences locales à l'appui, ne semble pas avoir
complètement oublié ces lointains vestiges du paganisme
égyptien.
Pages
145 à 169 de : EGYPTE & PROVENCE
(1985 Fondation du Muséum
CALVET).
Auteur : Sydney AUFRERE |
A Consulter :
http://www.asdenimes.com/
PS : Tout renseignement complémentaire
serait le bien venu !!!!!!!!!!
Nous écrire à :
webmaster@egyptonimes.fr
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