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RENCONTRE - S’il vous plait dessine moi un mouton, ou comment représenter …l’art égyptien ?

  • Auditorium du Carré d'Art Place de la maison carré Nîmes, Occitanie, 30900 France (carte)

20ème RENCONTRE D’ÉGYPTOLOGIE DE NÎMES

Inscriptions au bas de cette page

Matin: 9h-12h

« Comment représenter l’homme en animal ?»

Gabrielle CHARRAK Doctorante à l'École normale supérieure-PSL et à l'École du Louvre.

Dans le roman de Saint-Exupéry, le Petit Prince, après avoir demandé à l'aviateur de lui « [dessiner] un mouton », ne se montre satisfait que lorsque celui-ci lui en dessine un en caisse - c'est-à-dire lorsqu'il s'est plié aux attentes figuratives singulières du Petit Prince. De la même façon, l'art égyptien plie le monde animal à ses modalités particulières de représentations, profondément différentes des critères occidentaux. En partant, justement, de l'exemple des béliers dans l'art pharaonique, nous tâcherons de faire voir les dispositifs récurrents de ces images et les visions du monde qu'elles transmettent.

Pause

« Comment représenter un magicien dans l'art égyptien ? »

Rebecca ALVAREZ Doctorante en égyptologie à l'École du Louvre et à l'École Pratique des Hautes études-PLS

Bien que l'Égypte soit considérée comme le pays de la magie, ceux qui la pratiquaient se laissent peu entrevoir en dehors des œuvres de fiction, riches en magiciens habiles et astucieux exerçant leurs talents à l'Ancien Empire comme à l'époque hellénistique. À travers l'exploration de quelques titres et des représentations qui les accompagnent, nous chercherons à savoir s'il est possible d'identifier des traits iconographiques qui distinguent les magiciens, de l'Ancien Empire à la fin de l'époque pharaonique. Nous nous pencherons en particulier sur les personnages dont les titres les lient directement à la manipulation du héka, terme désignant un pouvoir partagé par les dieux et les hommes et traduit par « magie », et les hery-tep, qui constituent les modèles des hartummim de la Genèse et de l'Exode, les magiciens de pharaon auxquels se mesurent Joseph, Aaron et Moïse.

Apres-midi: 14h-18h

« Comment représenter l'homme en animal... et inversement ?»

Bénédicte LHOYER Docteur en égyptologie, chargée de cours à l'École du Louvre et professeur associé au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris

Impossible de séparer le monde animal du monde humain dans l'univers égyptien. En effet, les deux groupes agissent de conserve, l'un pouvant symboliser l'autre, le qualifier ou lui prêter des capacités spécifiques. Partant de ce constat, il convient de décrypter certaines images ou certaines expressions littéraires égyptiennes afin de comprendre pourquoi tel élément iconographique fut attribué à une catégorie humaine définie. Car, fins observateurs, les artistes égyptiens ont élaboré une grammaire spécifique pour relier avec subtilité l'humanité et la faune. Ces détails, de la coiffure du personnage à sa localisation sur un monument, permettent de trouver l'homme sous la bête... et inversement!

« Comment représenter la lumière et son ombre? »

Dominique FAROUT Philologue, chargé de cours à l'École du Louvre.«Comment représenter l’invisible ? »

Quiconque se rend en Égypte est frappé par la puissance du soleil et de sa luminosité. Il est donc logique que les Anciens Égyptiens l'aient exprimée par tous les moyens à leur disposition. Nous présenterons la grande variété du vocabulaire et de l'iconographie mis en œuvre à ce sujet pour rendre des subtilités étrangères à celle de notre pensée. Nous verrons en quoi l'ombre est omniprésente dans la pensée égyptienne, liée à l'action du soleil et qu'elle n'a rien à voir avec la nuit.

Pause

« Comment représenter l'invisible ?»

Christophe BARBOTIN Conservateur au département des Antiquités égyptiennes du Louvre.

La représentation de l'invisible est un défi qui s'est posé à presque toutes les civilisations anciennes et modernes, défi auquel les humains ont apporté des réponses nombreuses et variées. Les Égyptiens de l'Antiquité, pour leur part, n'ont pas manqué à l'appel. Leur vision du monde hiéroglyphique, que les égyptologues qualifient « d'aspective », leur fournissait des moyens particulièrement adaptés en la matière.

On verra donc, sans jeu de mots, comment l'invisible était rendu visible pour être intégré dans les structures de la pensée pharaonique et, à l'inverse, comment on pouvait rendre le visible invisible et dans quel but. Pas si fous que ça les Égyptiens, si on veut bien leur faire crédit d'une logique qui n'est pas la nôtre.

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